Atelier – Attitude de l’opinion publique vis-à-vis des luttes des chercheurs et des enseignants

Par André Jaeglé (Fédération Mondiale des Travailleurs Scientifiques)

Participation : 12 (la plus faible, semble-t-il, de toutes les participations aux ateliers). Commentaire : ou bien c’était une erreur de proposer cet atelier, ou bien cette faible participation est le symptôme d’une attention insuffisante au problème soulevé.

Introduction par le modérateur :

Pourquoi se poser cette question de l’attitude de l’opinion publique ?

  • Parce qu’un certain isolement a été ressenti.
  • L’argument de la défense du service public ne semble pas avoir porté.
  • Une certaine confusion : « autonomie » (de l’Université) ne signifie pas la même chose pour tous.

Pistes pour le débat

  • Les luttes académico-universitaires apparaissent comme des luttes ordinaires, normales, ne justifiant pas plus que les autres, une solidarité active.
  • Le monde académico-universitaire est-il perçu comme un monde de privilégiés n’ayant pas besoin d’une quelconque solidarité.
  • L’École en général n’est plus un facteur d’ascension sociale.
  • L’université se conçoit-elle comme une entreprise (et le diplôme comme produit) à un point tel qu’elle perd ses caractéristiques aux yeux de l’opinion ?
  • Le monde académico-universitaire apparaît-il au contraire comme un monde à part ?
  • Le monde académico-universitaire se serait-il lui-même trop peu investi dans les causes sociales (sauf quand la dimension humanitaire domine), au point d’avoir perdu l’image que lui auraient peut-être donné, à une époque « les grands intellectuels » ?
  • Le savoir, surtout le savoir scientifique, s’identifie au progrès qui lui-même s’identifie aux « dégâts du progrès ». Il n’y aurait pas lieu de l’encourager ?

Opinions émises en réaction à l’introduction :

  • On est plus sur un chantier d’appropriation sociale des sciences.
  • SLR est apparue corporatiste.
  • Les scientifiques n’ont pas intégré qu’ils sont des citoyens.
  • Les luttes des chercheurs seront d’autant mieux comprises que ceux-ci songeront à être des citoyens. (Fibre éthique)
  • Utilité de la science : la science pour qui ?
  • Se replacer dans le contexte des mouvements sociaux en France : on assiste à une radicalisation qui entraîne une tendance à s’enfermer sur les problèmes qu’on connaît bien. D’où le refus de l’interprofessionnalisation des luttes et une résistance à la dynamique unitaire. Il s’y ajoute le refus de ce qui pourrait devenir une récupération. Cette caractéristique générale s’applique aussi aux mouvements dans les universités.
  • La question des 3% du PIB pour la recherche. On en a une lecture trop étroite. On oublie la recherche en sciences humaines, la recherche appliquée en entreprise. Moyennant quoi on arrive à un débat surréaliste : « les 3% c’est pour nous, c’est aux entreprises de combler le trou »
  • Les vraies questions sont européennes. L’Europe doit devenir un espace cohérent. Eviter le dumping social.
  • Rôle des boutiques des sciences pour la communication : ce n’est pas aux seuls scientifiques de parler d’eux-mêmes. S’inspirer de la Com des entreprises : le travail se fait dans le sens d’un marketing de terrain.
  • Le syndicat n’utilise pas assez le Net et les moyens modernes pour la constitution de contrepouvoir.

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