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Programme de la journée du 24 mars 2012

Lors du 2e Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD) qui s’est tenu à Dakar en février 2011 est apparu de façon claire – pour les acteurs de la société civile comme pour les chercheurs – le besoin d’instaurer un dialogue « de communauté à communauté ».
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Descriptif des ateliers du 24 mars 2012

Les ateliers A1, B1 et C1 se tiendront simultanément dans la matinée du 24 mars et les ateliers A2, B2 et C2 se tiendront dans l’après-midi. Ces ateliers seront encadrés par une séance plénière d’ouverture et une séance de clôture.

Si vous souhaitez que des documents de travail soient placés sur ce site pour préparer au mieux les ateliers, merci de les envoyer à : fabien.piasecki[at]sciencescitoyennes.org

Le programme complet en PDF est disponible ici : Initiative française 2012 du FMSD

 

Axe A – LA NÉCESSAIRE DÉMOCRATISATION DES SAVOIRS : DES CONCEPTS AUX RÉALISATIONS

A1 (Conceptualisation) – Faire coexister les différents savoirs

Bien que souvent à l’origine du savoir scientifique moderne, les savoirs traditionnels et endogènes sont facilement dénigrés par les scientifiques contemporains. Il faut aujourd’hui dépasser cette posture et réfléchir à la manière de faire coexister ces savoirs pour envisager un monde socialement et écologiquement plus juste et responsable où la technoscience ne serait pas considérée comme un remède à tous les maux dans le contexte plus que contestable de l’économie de la connaissance (imposé par le Conseil européen de Lisbonne en mars 2000). La notion de biens communs de la connaissance et leur promotion constituent des pistes à explorer pour éviter une hiérarchisation outrancière des savoirs et leur marchandisation mortifère. Les recherches en co-construction en sont une autre.

Il s’agira de réfléchir aux apports des différents types de savoirs, à la manière de les rendre accessibles au plus grand nombre et de les faire coexister.

A2 (Processus) – La co-construction des savoirs et la démocratisation des sciences en action

La question de la co-construction des savoirs (recherche participative, recherche contextualisée, recherche-action, recherche-intervention, recherche hybride…) est une question scientifique (approches et méthodologies), politique (orientation de la recherche au regard des objectifs et besoins sociétaux) et citoyenne (fonctionnement démocratique, implication des citoyens). Elle fait donc partie intégrante du processus de la démocratisation des sciences. La recherche en coopération avec les acteurs de la société civile et l’implication des citoyens dans la politique de la recherche et dans les choix technologiques sont devenues une nécessité pour la société et requiert de trouver et mettre en place les modes d’organisation des institutions pour le promouvoir. Cela permettrait aussi l’émergence d’un mode original et novateur de production de savoirs/connaissances qui aurait un énorme potentiel pour contribuer à une société socialement et écologiquement plus juste et responsable, mais qui reste encore marginal et marginalisé.

Il s’agira de questionner des expériences menées au cours des dernières années et d’avancer des pistes pour que les pratiques de co-construction se développent et soient mieux reconnues par les institutions scientifiques et les universités et que les citoyens organisés s’approprient cette approche qui constitue une avancée majeure en terme de démocratisation des sciences. Cette co-construction nécessaire (qui n’est pas obligatoirement une recherche sur projet, telle qu’elle est imposée à l’heure actuelle)  n’a pas vocation à remplacer toutes les formes de recherches, mais doit trouver sa juste place dans la pluralité des stratégies de recherche.

 

Axe B – LES CHERCHEURS FACE A LEURS RESPONSABILITÉS : LE DIALOGUE CITOYEN POUR SORTIR DE L’ORNIÈRE

B1 (Conceptualisation) – La difficile question de la responsabilité des chercheurs face aux exigences sociétales et environnementales

Dans un système en crise, il est tentant de renvoyer la responsabilité d’une catastrophe sanitaire ou environnementale, des conséquences d’un mauvais choix politique ou financier vers une entité impalpable, intangible : l’administration, le marché, les décideurs mais aussi les experts. La réalité est bien plus complexe que cela. Pour ce qui concerne les sciences et les technologies, la relation entre le chercheur, ses recherches et leurs applications (quels qu’en soient les commanditaires) mérite d’être interrogée. Il semble aberrant de culpabiliser les chercheurs a priori. La science perdrait sa raison d’être si elle ne permettait plus l’exploration de champs inconnus ou mal connus. Pour autant un chercheur au fait des applications de ses travaux n’a-t-il pas un devoir citoyen ?

Il s’agira d’identifier comment un chercheur peut ou doit exercer sa responsabilité et de la confronter aux impératifs sociétaux et environnementaux révélés notamment par les organisations du mouvement social, y compris en recherche dite fondamentale. La responsabilité du chercheur va de pair avec l’exigence de « modestie » de la science et pose également la question de la mise en place d’une charte de bonnes pratiques scientifiques.

B2 (Processus) – Pérenniser le dialogue entre chercheurs et mouvements sociaux pour sortir du carcan de l’économie de la connaissance

La mise en concurrence des universités, des laboratoires et des chercheurs eux-mêmes dénature le travail scientifique au nom de la sacro-sainte compétitivité et de l’acceptation imposée de la logique de l’économie de la connaissance. Recherche de financements, contrats sur projet, évaluations, course aux brevets et obligations de résultats viennent pervertir le métier de chercheur et précariser le quotidien son quotidien. Dans un tel contexte, quelles alternatives sont envisageables ? Comment les organisations et syndicats travaillant sur ces problématiques peuvent aider à proposer une nouvelle voie ?

Il s’agira, au-delà du constat sur les conditions de travail des scientifiques, d’envisager un dialogue et des initiatives communes entre organisations d’enseignants ou de chercheurs (SLR, SLU, SNESUP-FSU, SNCS, FMTS…) et les autres organisations du mouvement social.

Axe C – RECHERCHE ET CITOYENNETÉ AU SERVICE D’UN SYSTEME EDUCATIF À REFONDER 

C1 (Conceptualisation) – L’enseignement et l’éducation au cœur du lien recherche-société

Le système éducatif du 19e siècle, de la maternelle au supérieur, était conçu pour faire entrer nos sociétés dans le monde industriel capitaliste. Son armature demeure intacte encore aujourd’hui. Nous savons tous combien il est délicat de toucher aux équilibres généraux, sous peine de provoquer des dégâts et effets collatéraux néfastes. Pour autant, la crise de la raison instrumentale, la crise du « progrès », la crise de la prédominance de la pensée réductionniste et mécaniciste, est attestée par toutes nos organisations, d’une manière ou d’une autre. A Dakar, à l’occasion du 2nd forum mondial sciences et démocratie, la notion de « crise épistémologique globale » a pour la première fois émergé. Elle touche d’autant plus juste qu’elle annonce ce qui attend les mouvements progressistes contemporains, à savoir aborder un débat profond, ouvert et prospectif sur les évolutions requises dans nos systèmes de transmissions de savoirs.

Cet atelier se propose de discuter, au-delà des enjeux corporatifs légitimes (statuts, politiques publiques), des trames et des valeurs éducatives requises pour une éducation du 21e siècle, en lien avec le rapport aux sciences et aux technologies notamment.

C2 (Processus) – Enseignement supérieur, recherche et citoyenneté : une mise en cohérence indispensable

Repenser les politiques et les agendas de recherche ne pourra se faire sans une cohérence effective non seulement avec les programmes de l’enseignement supérieur, mais aussi avec les exigences citoyennes. Cela pose de nombreuses questions parmi lesquelles : la formation des enseignants, des chercheurs ou des travailleurs scientifiques peut-elle s’envisager sans intégrer aux enseignements l’éthique, l’épistémologie ou l’histoire des sciences ? Comment les organisations de la société civile non marchande pourraient « entrer » à l’université pour exposer d’autres manières de valoriser les compétences acquises ou encore débattre sur les responsabilités qui incombent aux travailleurs scientifiques dans un monde aux ressources limitées et en proie à des inégalités croissantes ?

Il s’agira de confronter les propositions émanant des acteurs de la recherche, de l’enseignement (au sens large) et de la société civile non marchande (associations, syndicats, collectivités territoriales, collectifs formels et informels…) pouvant mener à des changements effectifs du système d’enseignement supérieur.

Compte-rendu de la réunion du 24 octobre 2011

Cette première réunion en vue d’un séminaire sur les enjeux de la recherche en France au début 2012 a été l’occasion d’une (re-)prise de contact entre des organisations déjà impliquées dans le processus FMSD et de « nouvelles » structures intéressées par la mise en place d’un tel séminaire.

Il a été rappelé que le texte écrit suite à un atelier du FMSD à Dakar et qui a servi « d’invitation » à cette réunion préparatoire avait vocation à poser les premières bases du séminaire sans pour autant tenir lieu d’appel à proprement parler (sur le site du FMSD en France, http://fmsd-france.org, il est explicitement mentionné que ce texte constitue un document de travail).

Sur la genèse de cette initiative : lors d’un atelier organisé par le FMSD au Forum Social Mondial de Dakar en février dernier, est ressortie la nécessité d’un discours « unifié » des organisations du mouvement social vers la «communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche ». Même si le processus FMSD tente, par essence, de répondre à cette attente, il nous faut aller plus loin dans la recherche d’un dialogue politique entre communautés aux objectifs, analyses, dynamiques et temporalités différentes.

Sur la notion de société civile (le séminaire était présenté dans le message d’invitation comme «séminaire de la société civile sur les enjeux de la recherche et de l’enseignement supérieur ») : sans entrer dans le détail des échanges sur ce thème, il estapparu très clairement lors de nos discussions que ce mot était porteur d’ambigüité, qu’il était polysémique et utilisé à des fins parfois très différentes les unes des autres. Il est donc plus que vraisemblable que cette notion disparaisse du titre du séminaire.

Au niveau qualitatif des échanges, il est apparu extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, d’organiser une discussion dans laquelle les acteurs de la société civile (sous-entendu non directement impliqué dans le métier de la recherche académique) déterminent le cadre des discussions. En ce sens, il apparaît impossible que les acteurs de la société civile soient pleinement organisateurs d’un séminaire dans lequel ils échangent des points de vue sur le sujet.

Le séminaire devrait s’orienter de facto vers une mise en scène et une mise en problématique des discussions politiques entre chercheurs statutaires (au sens du statut professionnel/salarial) et acteurs des mouvements sociaux, citoyens.

Il s’agit là de la première conclusion politique de notre réunion. Ceci a des incidences sur la nature du séminaire, son organisation et ses objectifs. Ceci devra être discuté lors de notre prochaine réunion.

Sur les sujets à aborder pendant le séminaire : ici encore, nous n’entrerons pas dans les détails des discussions. Nous nous orientons vers 2 types de débats : 1) ceux sur lesquels nous pensons que des positions convergentes et solides sont possibles ; 2) des controverses ou points de tension entre acteurs de « la » société civile et acteurs de la recherche. L’essentiel est, d’ici le séminaire, de mettre en place une méthodologie simple et efficace permettant de préparer le séminaire. Quoiqu’il en soit, il est ressorti de ns échanges qu’au regard des questions que nous posons, le séminaire devra se dérouler de préférence sur 2 jours.

Parmi les points de tension, nous pouvons relever :

− le service public de la recherche (missions, organisations, gouvernance)

− la notion de « liberté du chercheur »

Parmi les thèmes pouvant permettre des convergences :

- nature, organisation et évolution de la pratique scientifique

- missions de la recherche publique

- échange et diffusion des savoirs (savoirs académiques vs savoirs « traditionnels »)

- recherche participative

- enjeux éducatifs du primaire au supérieur

Au regard des « thèmes de convergence », si nous mettons en place une bonne méthode de travail, ceci peut donner lieu à des rédactions communes de qualité assez ambitieuse.

Pour un séminaire de la société civile sur les enjeux de la recherche (Paris, 1er trimestre 2012)

NB. Le texte ci-dessous est un document de travail et ne constitue pas un appel au sens strict du terme. Il évoluera au cours de la préparation du séminaire.

Les 4 et 5 février 2011 s’est tenu à Dakar le Second Forum Mondial Sciences et Démocratie qui a réuni plus de 130 universités, ONGs, institutions scientifiques et gouvernements des 5 continents dans le cadre d’un dialogue politique visant à questionner le rapport de nos sociétés à leurs institutions de recherche et d’enseignement supérieur, au nord comme au sud. Le succès de cette entreprise, lancée en 2007, nous amène à proposer de décliner ces débats aux niveaux régionaux et nationaux. La présente initiative concerne le contexte français et, indirectement, la situation à l’échelle européenne.

 

> LA RECHERCHE QUI SE PREPARE AUJOURD’HUI PREFIGURE UNE SOCIETE A VENIR

Les sciences et les technologies sont des faits sociaux et culturels. Elles pèsent de tout leur poids sur notre vision du monde, les orientations de nos sociétés, sur des échelles de temps souvent sans rapport avec le rythme de nos démocraties contemporaines. Comme les choix effectués dans les années 1970 pèsent en ce début de 21ème siècle, ceux d’aujourd’hui influeront sur les trajectoires de nos sociétés pour les 50 ans à venir.

Prioriser une recherche entendue d’abord comme vecteur de compétitivité du pays, comme source d’innovation technologique au détriment des sciences humaines et sociales et aux humanités relève d’une certaine vision de l’économie, de la société, du savoir et de la richesse ; n’évoquer que les innovations technologiques en passant sous silence les innovations socio-économiques (soit la capacité du corps social à inventer des modes d’organisation, de production et distribution) sont des choix. Ils ne sont presque jamais discutés et ne sont pas les seuls choix possibles.

De leur côté, les acteurs de la société civile agissent le plus souvent en aval d’innovations technologiques, sous forme de veille ou de contre-expertise, sans questionner encore suffisamment l’impact et la construction des programmes de recherche. D’autres interventions collectives, plus en amont, ne seraient-elles pas tout aussi utiles au monde de la recherche et à nos sociétés ? D’autres formes de mises en débat des choix scientifiques et technologiques ne sont-elles pas souhaitables, imaginables, possibles ? Ne pourrions-nous trouver des modes des processus de décision plus respectueux du débat public et susceptibles de renforcer le pacte nécessaire de notre société avec ses chercheurs et ingénieurs ? Ne serait-il pas enfin souhaitable de prendre pleinement en compte le fait que d’autres acteurs dans la société produisent des savoirs et des connaissances utiles à la société, qu’il conviendrait de renforcer et de soutenir eux aussi ?

Dans cette première optique, nous proposons d’inscrire ce séminaire dans le cadre de l’agenda de la Conférence Rio+20, au cours de laquelle l’hypothèse d’une Green Economy sera discutée, en tant que chemin à privilégier pour faire évoluer « nos modèles de développement ». Cette hypothèse conditionnera en partie l’agenda dominant de la recherche des 30 prochaines années. Or, la Green Economy n’est qu’un nouveau moyen d’affirmer qu’à tout problème social, culturel, écologique et économique, une réponse high tech est disponible, souhaitable et à privilégier. On n’y évoque jamais les défis de regénération de la biodiversité et des écosystèmes, de refonte du lien entre l’espèce humaine et la biosphère.

Il importe de promouvoir une diversité programmatique en matière d’agenda de recherche, seule méthode raisonnée et respectueuse, selon nous, de la démarche scientifique, et de la démocratie, afin de ne pas hypothéquer les capacités d’action et l’avenir des générations à venir.

Pour une recherche libre certainement Pour une recherche ouverte et diversifiée dans le même temps.

> LA SOCIETE PREFIGURE LA RECHERCHE A VENIR

Contrairement à une idée communément admise, c’est l’absence d’une société civile éveillée aux enjeux de la recherche, parties prenantes et légitimées dans les débats sur ses orientations et sa gouvernance qui fragilise la recherche publique et non sa présence. Les alertes de plus en plus fréquentes qu’émettent les chercheurs et enseignants-chercheurs depuis ces dernières années ne peuvent ni ne doivent laisser les acteurs sociaux indifférents.

Le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur subit l’effet de politiques néolibérales dévastatrices, une lente érosion des piliers sur lesquels cette corporation a bâti ses légitimités : on assiste en effet à une individualisation extrême de l’évaluation, à la montée en force d’une bureaucratisation envahissante conduisant à une infantilisation des acteurs, et, en parallèle, à une paupérisation massive d’une large part des travailleurs de la connaissance (il est à ce jour, en France, impossible de dénombrer les « sans statuts » sans qui la recherche française et mondiale ne serait rien) – le tout à travers une logorrhée sémantique aussi inepte que délétère (facteur d’impact, Labex, Idex, excellence…).

Or, le lien tissé entre le monde de la recherche et notre société repose exclusivement sur la confiance accordée à cette communauté dans sa capacité à énoncer, de la façon la plus préservée possible des pouvoirs et des puissances politiques, économiques, bureaucratiques et financières, une parole libre, contribuant d’un côté à définir des éléments de notre vérité collective du moment, et de l’autre à postuler et à proposer des orientations dans nos choix collectifs. Participer de l’érosion de la fiabilité et la robustesse du discours scientifique (en ne respectant pas le temps nécessaire à la pensée et à la validation par exemple) c’est fragiliser un des éléments de notre pacte politique le plus essentiel : sur quoi se fonde une grande part de notre savoir commun, de notre culture commune. Tout ce qui affaiblit la liberté de pensée, sa diversité, que ce soit par des processus externes (pressions politiques, économiques, idéologiques ou financières) ou internes, affaiblit la société dans son ensemble.

Le silence des acteurs de la société civile sur les enjeux de la recherche laisse le champ libre à des choix par défaut, qui s’opèrent de façon confidentielle, souvent au profit de puissances et d’acteurs dominants.

Il est dès lors de la responsabilité des acteurs de la société civile qui le jugent nécessaire de réfléchir aux façons d’élaborer un discours, de l’exprimer, le faire connaître, le légitimer, l’améliorer, le discuter, notamment avec les acteurs de la recherche qui y verront à la fois leur intérêt comme celui de la société.

Il est souvent fait le reproche à la société civile que sa voix serait trop variée pour être entendue, dispersée pour être lisible et légitime. Pour ses membres, la diversité est preuve de vitalité. Ce qui est un fait et ne l’empêche nullement de générer des actions éclairées au travers de débats et d’actions citoyennes. Son impact dans la vie sociale et politique du pays depuis ces 40 dernières années plaide en ce sens. Malgré tout, en situation de grandes tensions, le partage de préoccupations communes, la possibilité de dégager des lignes de force et d’argumentations partagées devient, peu à peu, un enjeu pour tous les acteurs et pour nos sociétés.

C’est le sens politique de ce séminaire.

Enfin, cette analyse serait déséquilibrée si un dernier point, essentiel, ne venait renforcer la nécessité de cette initiative. Les acteurs de la société civile sont devenus de facto, peu à peu, producteurs de savoirs, d’expertises, et des partenaires à part entière du monde de la recherche, dans presque toutes les disciplines. Ces contributions à l’intelligence collective sont attestées par tous. L’augmentation du niveau d’éducation, l’émergence de nouveaux métiers liés au savoir et à la connaissance, font des acteurs sociaux des acteurs du savoir. Cette place, trop souvent méconnue – y compris par les acteurs eux-mêmes autant que par le monde académique ou les pouvoirs publics – mérite que nous discutions de la nécessité d’évolutions futures des politiques publiques de soutien au renforcement de la qualité de production de connaissances de la société civile. Dans le même sens, il importe de rendre visible l’extrême diversité des formes de coopérations entre acteurs de la recherche et acteurs sociaux, afin de rompre avec l’idée d’une séparation inéluctable entre le monde des sciences et la société, doctrine dont on sait quels intérêts elle sert. Dans les faits, nos organisations coopèrent avec le monde de la recherche. Rendre visible cet état de fait, c’est réconcilier la société avec elle-même, dans sa façon de se raconter le monde, et son devenir.

Promouvoir la recherche, c’est aussi défendre l’idée qu’elle irrigue la société
dans toutes ses composantes : des individus aux institutions publiques, en passant par les entreprises privées des secteurs marchand et non-marchand, avec une même exigence de qualité. Ceci requiert des moyens et une compréhension des intérêts communs des acteurs de la recherche et des acteurs sociaux.

Il est de la responsabilité des acteurs de la société civile de structurer un espace commun favorisant des liens réguliers et institués avec les acteurs de la recherche, visant aussi à construire des discours, des propositions, des soutiens. Aussi, appelons-nous les acteurs de la société civile à participer à un premier séminaire de 2 jours, à Paris, au premier trimestre 2012, en vue de :

Promouvoir un rôle nouveau de la société civile sur les enjeux liés à la connaissance Défendre et promouvoir la liberté et l’ouverture de la recherche Innover en matière de politiques publiques et de soutien aux producteurs de connaissances Refuser une posture défensive et proposer des pistes nouvelles.

Ont d’ores et déjà témoigné un intérêt pour l’initiative : CRID, AITEC, Groupe 38, 4D, Petits Débrouillards, IPAM, Cedetim, Fondation Sciences Citoyennes, Confédération Paysanne, Sauvons la recherche, Attac France, CCFD, Global Chance, Vivagora, Sauvons l’université, Espaces Marx, FMTS, ASTS, L’appel des appels, NSS Dialogues…

NB. Ce texte est disponible au format PDF : Pour un séminaire de la société civile sur les enjeux de la recherche